mardi 9 février 2010
Vitesse de circulation, images et marche à pied.
” Chacun de nous devient trop nombreux à l'intérieur de lui-même, et pas assez à l'extérieur, où nous sommes remplacés peu à peu par des chaînes ininterrompues d'images esclaves les unes des autres. Chacune à sa place, comme chacun de nous, à sa place, dans la chaîne des évènements sur lesquels nous avons perdus tout pouvoir. “
Jean-Luc Godard, Ici et ailleurs
” Aujourd'hui, l'image l'emporte sur le langage, l'écran domine l'écrit (…) Aujourd'hui on synchronise les images, et donc la puissance de conditionnement ne concerne pas tant l'opinion, c'est-à-dire le rapport à une vérité ou à une erreur, que l'émotion que l'on ressent tous (mimétisme des affects) en même temps. Savoir que l'on ressent dans le monde entier, en même temps parce qu'il y a eu un Tsunami ou le World Trade center, c'est un pouvoir considérable, c'est un pouvoir de la vitesse … ”
Paul Virilio, Les revers du progrès
“ Tout ce qui est du côté de la marche, et de la marche à pied, s'oppose à la quête de performance … à un certains nombre de valeurs qui représentent la modernité … tout ce qui va du côté de la vitesse, de la médiation, de la rapidité, de la communication, etc. … la marche à pied représente une résistance à tout cela (…)
Je pense que la marche permet de ne plus avoir d'image du monde … le rapport au paysage dans la marche n'est plus un rapport de représentation … on y lit un effort du corps, c'est le paysage qui insiste lentement dans le corps en marche … il écrit [Nietzsche] les sentiers sont méditatifs … il arrive un moment où c'est le paysage lui-même qui se rempli de la pensée du philosophe. ”
Frédéric Gros, Les vendredis de la philosophie, émission du vendredi 3 juillet 2009 : philosopher en marchant
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire